Daniel Cohn-Bendit

Positions sur les scandales alimentaires

26. 03. 13

 

La production industrielle alimentaire en Europe doit changer

Les derniers scandales sur l'alimentation ont montré une fois de plus la nécessité de changer radicalement d'approche en matière de sécurité alimentaire. Des contrôles plus fréquents et plus stricts sont certes nécessaires mais plus fondamentalement c'est la production alimentaire industrielle qui doit être remise en question. Les failles de ce type de production sont évidentes: Les Agriculteurs sont confrontés à une concurrence féroce sur les prix et la chaîne de production très longue qui multiplie les intermédiaires, les passages par des entrepôts frigorifiques et les sous-traitants pour découper la viande" est extrêmement vulnérable aux abus. Ce qui préoccupe avant tout l'industrie, c'est la maximisation des profits en compressant notamment les coûts au détriment de la qualité des produits. Pour nous il est donc évident que les politiques doivent avant tout encourager la production régionale et la transparence par l'étiquetage. La réforme de la politique agricole commune doit donc se concentrer sur la distribution des aides qui ne profitent actuellement qu'aux grands producteurs pour en faire bénéficier les nombreux petits producteurs.

Des contrôles plus fréquents et soigneux

La mise en place de contrôles plus fréquents et plus stricts est une garantie supplémentaire de qualité de l'alimentation. Or, ces dernières années, au lieu de renforcer les contrôles indépendants, les Etats membres les ont réduits en raison de politiques d'austérité. L'industrie a donc assuré elle-même le contrôle de ses produits avec les conséquences que l'on connaît aujourd'hui. Un contrôle accru est également nécessaire en matière d'étiquetage. Un étiquetage clair et facile à comprendre sur l'origine des produits est indispensable. Cette information constitue un droit élémentaire des consommateurs.

La viande bon marché est un mythe

Le bon sens suffit pour comprendre qu'il y a un problème si une viande est vendue  à 5€ le kilo au supermarché alors qu'un animal depuis l'endroit où il est nourri jusqu'à son abattage et sa mise en vente a parcours plusieurs centaines de kilomètres. Il est évident que le prix du supermarché ne reflète pas le prix réel puisqu'il ne prend en compte ni l'environnement ni le bien-être des animaux. Or, comme le montre le nouveau scandale de la viande bovine, l'environnement et le bien-être animal ne sont pas les seuls floués, les consommateurs le sont aussi!

Manger plus des légumes

Tout comme le système de production, nos modes de consommation doivent également changer. Une journée sans viande par semaine suffit pour réduire l'impact négatif de la production alimentaire sur l'environnement et  sur l'exploitation des ressources (gaz et pétrole notamment). Par ailleurs, réduire notre consommation de viande et opter pour des viandes de qualité est bénéfique pour la santé. La différence de qualité entre un poulet élevée de manière industrielle -qui peut contenir jusqu'à 25% d'eau- et un poulet élevé selon des méthodes durables est énorme!

Trop de déchets            

La production alimentaire industrielle produit près de 30% de déchets qu'elle tente de recycler dans le système notamment pour nourrir les animaux. C'est ainsi que l'industrie alimentaire a produit une sorte de "cannibalisme" en nourrissant les animaux avec les déchets provenant d'animaux de la même espèce. Une aberration illustrée par le scandale de la vache folle. Si à ces chiffres, on ajoute la nourriture jetée avant même d'être commercialisée, le pourcentage de déchets passe à 50%! Combien de scandales devront-ils encore éclater avant que les autorités publiques ne considèrent sérieusement les problèmes posés par la production alimentaire industrielle et se tournent vers des politiques durables en matière d'alimentation...