Le co-président des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, n'a jamais eu la langue dans sa poche. Le bouillonnant "Dany", toujours supporter de Ségolène Royal, ne cache pas, aujourd'hui, que pour son organisation, la partie ne sera pas aisée et appelle de ses vœux un espace écologique commun qui s'étendrait de Nicolas Hulot à Corinne Lepage en passant par Dominique Voynet. Il sera à Marseille cet après-midi, à l'invitation du Medef des Bouches-du-Rhône.
Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle, est créditée de seulement 2 % des intentions de vote. Etes-vous déçu?
"J'ai conscience que cette élection sera difficile pour les Verts. Surtout si c'est Ségolène Royal qui se présente au nom du PS... Mais je suis convaincu, lorsque l'on voit les résultats engrangés par Nicolas Hulot, José Bové, Corinne Lepage et Dominique Voynet, qu'il existe un espace pour l'écologie politique."
Nicolas Hulot est considéré comme la personnalité représentant le mieux la lutte pour l'environnement. Est-ce la faillite des Verts?
"Beaucoup de Français réagissent favorablement à Nicolas Hulot car il a une grande renommée médiatique. C'est un peu comme le phénomène Bernard Kouchner au PS ! L'engouement pour l'animateur télévisé montre que l'opinion publique est touchée par les problèmes écologiques. Il appartient à une organisation comme les Verts de montrer sa capacité à capter cette volonté des Français."
L'environnement est une valeur de plus en plus partagée par les partis. De plus, les Verts se sont montrés désunis. Autant de raisons qui expliquent ces résultats?
"La société française est très volatile mais surtout incertaine. Dans cet espace incertain, une campagne de réseaux et d'argumentation peut permettre à Dominique Voynet de se stabiliser."
Quand Nicolas Hulot et Corinne Lepage viennent à la rencontre de Dominique Voynet, c'est une stratégie d'alliance ou seulement une photo symbolique ?
"Cette rencontre va plus loin qu'une photo. Cela doit aller vers un travail en commun, un espace écologique commun entre ces trois personnalités. Ces trois-là savent que pour peser, ils ont besoin d'être ensemble. L'idée de Jean-Luc Bennhamias (ndlr : député européen de la région) de les réunir est bonne. Mais elle vient un an trop tard pour la présidentielle. Une telle démarche, ça se prépare."
Que deviennent les Verts dans cet espace commun ?
"Ce travail en commun ne veut pas dire qu'on crée un nouveau parti politique. Il s'agit seulement de créer un réseau qui pourrait par exemple s'appeler L'écologie contre-attaque."
Soutenez-vous toujours Ségolène Royal ?
"Elle dit des choses de bon sens. Sur le chapitre de la carte scolaire, elle fait très bien la différence entre sa position, qui est celle d'une femme de gauche, et celle de Nicolas Sarkozy. Qu'on arrête, donc, de lui faire des procès d'intention et qu'on cesse le machiavélisme politique à son égard ! Par ailleurs, je suis toujours favorable à la candidature de Ségolène Royal comme candidate du PS car, ainsi, la gauche, et donc les Verts, pourront battre Nicolas Sarkozy. Mais je n'ai jamais appelé à voter pour elle au premier tour. Je soutiens la candidature de Dominique Voynet, candidate des Verts, et je ferai campagne pour elle."